En mission d'observation
Le 8 juin 2026, le conseil d'administration d'AVOCATS.BE a décidé à l'unanimité d'observer la manifestation des enseignant·es et étudiant·es, à la suite des violences policières et autres exactions commises les jours précédents, singulièrement à l'égard de mineur·es. L'enjeu : veiller au respect de la liberté d'expression, du droit de manifester et des dispositions légales en matière d'usage de la force, dont les articles 37 et 37ter de la loi sur la fonction de police.
Coup de tonnerre au T.P.I. de Liège : le manque de moyens a eu raison de la détermination du Président Defourny
Le 15 mai dernier, le président du Tribunal de première instance de Liège annonçait mettre son mandat anticipativement à disposition, à compter du 1er juillet 2026. En cause : un cadre de magistrats et de greffe inchangé depuis 1975, un personnel administratif amputé de 40 % et l'absence de budget pour de nouveaux engagements. Au-delà du cas liégeois, ce départ illustre combien le manque de moyens octroyés à la Justice fragilise, au quotidien, l'état de droit.
Tunisie : les activités d’ASF suspendues pendant 15 jours puis à nouveau autorisées et Me Chawki Tabib
En Tunisie, la concentration des pouvoirs et l'intensification de la répression des libertés publiques placent Avocats Sans Frontières au cœur d'un combat quotidien pour la défense des personnes vulnérables et des défenseurs des droits humains. Suspendu le 5 mai 2026, le bureau local d'A.S.F. a finalement obtenu la levée de cette mesure le 20 mai, après une mobilisation remarquable. La situation de Me Chawki Tabib, ancien bâtonnier incarcéré depuis le 14 avril, illustre quant à elle la fragilité persistante de l'État de droit dans le pays.
AVOCATS.BE, certifié en entrepreneuriat durable dans le cadre UNITAR (ONU)
Bien-être au travail, justice climatique, égalité entre les sexes, accès au droit : autant de chantiers que l'avocature mène désormais sous la bannière des Objectifs de Développement Durable. Au terme d'un parcours de trois ans validé le 22 avril dernier par un jury indépendant, AVOCATS.BE rejoint ainsi le cercle des organisations certifiées par l'UNITAR. Retour sur trente actions concrètes, et sur la conviction qui les sous-tend.
Élève Belgique : bulletin insuffisant
Dans son arrêt M.V. et autres c. Belgique du 9 avril 2026, la Cour européenne des droits de l'homme conclut à plusieurs violations de la Convention par l'État belge. Quatre demandeurs de protection internationale ont été privés d'hébergement et d'assistance matérielle pendant plusieurs mois, en dépit d'ordonnances définitives du tribunal du travail de Bruxelles. Après la Cour constitutionnelle et le Conseil d'État, une nouvelle haute juridiction sanctionne la politique migratoire belge.
Respecter les décisions de justice ? Quand on veut, on peut !
La ministre de l'Asile et de la migration, Anneleen Van Bossuyt, refuse d'héberger les titulaires d'une protection internationale octroyée dans un autre État membre de l'UE - les « statuts M » - en dépit des arrêts successifs de la Cour constitutionnelle et du Conseil d'État. Après la suspension de sa loi de juillet 2025, elle a basculé sur l'ancienne base juridique, aussitôt sanctionnée à son tour par le Conseil d'État le 27 mars 2026. La ministre persiste pourtant, tordant les textes pour y lire une marge de manœuvre que les juridictions ne lui reconnaissent pas.
Etat de droit et pauvre justice
Il est des violations de l’État de droit à ce point énormes qu’elles suscitent un large et vif émoi. Les déclarations de la ministre de la migration à la suite du prononcé par la Cour Constitutionnelle de ses arrêts du 26 février 2026 sont de celles-là.
Rapport de visites des prisons par les bâtonnières et bâtonniers du Pays : personne ne pourra dire qu’il ne savait pas…
La surpopulation carcérale atteint en Belgique un niveau alarmant. À la suite de leurs visites dans plusieurs établissements pénitentiaires, les bâtonnières et bâtonniers ont dressé un constat sévère des conditions de détention et du recours croissant à l’enfermement. Leur rapport entend rendre visibles des réalités trop souvent ignorées et nourrir la réflexion sur les réponses pénales et les politiques publiques à l’origine de cette crise.
Les visites domiciliaires – Saison 3, épisode 2 (et pas fin ?)
Saison 1 – épisode 1 : en 2017, la coalition dite « Suédoise » avait déjà considéré qu’un dispositif législatif autorisant ce que l’on nomme « les visites domiciliaires » était une arme indispensable à la lutte contre les migrants en situation irrégulière et déposé un projet de loi en ce sens. Les réactions de rejet et, disons-le, horrifiées, s’étaient multipliées, non seulement de la part des Ordres d’avocats (dont AVOCATS.BE) et des institutions protectrices des droits humains mais aussi de magistrats, de la société civile et même de nombreuses communes qui avaient voté des motions invitant le gouvernement à renoncer à ce projet et, à défaut, les parlementaires à le rejeter.
De qui se moque-t-on ?
Alors que la surpopulation carcérale est qualifiée d’« intolérable » sur les plans humain, opérationnel et juridique, le gouvernement adopte une nouvelle loi créant des infractions supplémentaires liées à l’évasion et à la surveillance électronique. Une décision incomprise par AVOCATS.BE, qui constate que ses alertes et recommandations sont restées sans effet et rappelle que l’urgence n’est pas de créer de nouvelles infractions, mais de garantir des conditions de détention respectueuses de la dignité humaine.